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Test du carnet aquarelle Aquapad : inspiration risographie

Test du carnet aquarelle Aquapad : inspiration risographie

Aujourd’hui, je vous invite à découvrir une approche créative librement inspirée de la risographie, cette technique d’impression reconnue pour ses couleurs vibrantes, ses contrastes affirmés et son esthétique graphique si caractéristique.

Pour réaliser cette démonstration, j’ai tout simplement puisé dans les rayons de mon magasin de beaux-arts préféré afin de sélectionner du matériel à la fois accessible et inspirant. Mon choix s’est porté sur les marqueurs Liquitex Acrylic Professional et le carnet Aquapad des papeteries Clairefontaine, un duo qui se prête bien à l’expérimentation graphique et à la création de compositions colorées.

L’idée n’est pas de reproduire fidèlement un tirage en risographie, mais plutôt d’en explorer les codes visuels : palette de couleurs réduite, aplats francs, superpositions de teintes et rendu graphique assumé. Une manière ludique d’explorer cette esthétique sans avoir besoin d’une machine d’impression spécialisée.

Alors, l’expérience vous tente ? Installez-vous confortablement, sortez vos couleurs et votre carnet, je vous explique tout dans la suite de l’article.

Introduction à la risographie

Riso quésaco ? Vous avez sûrement déjà croisé ces visuels aux couleurs vibrantes sans pouvoir les nommer. J’ai découvert cette technique lors d’une rencontre avec les designers de l’imprimerie Trrctor. Ils y présentaient leur démarche autour de ce procédé d’impression fascinant.

À mi-chemin entre la sérigraphie et le numérique, la risographie séduit par son rendu visuel unique et son aspect artisanal. C’est une méthode plus écologique que l’imprimerie traditionnelle, offrant un potentiel créatif immense grâce à ses teintes intenses et ses textures si particulières.

Une super imprimerie risographie à Murat : Trrctor (Photo Yann Bayssat, LaMontagne.fr)

Une palette de couleurs restreinte et expressive

À l’inverse de la quadrichromie classique, la risographie s’appuie sur une sélection de 2 à 4 teintes maximum (ou une couleur associée au noir). Cette contrainte technique devient un atout créatif majeur, vous poussant à simplifier vos compositions et à mieux hiérarchiser vos éléments visuels pour un impact maximal.

Une esthétique graphique unique

Ce procédé se distingue par une identité visuelle forte et immédiatement reconnaissable :

  • Des couleurs vibrantes aux aplats légèrement texturés.
  • Des jeux de transparence et des superpositions parfois décalées.
  • Un rendu global oscillant entre le style pop, brut et rétro.

Dans cet univers, l’imperfection et l’accident de parcours ne sont pas des défauts, mais de véritables choix esthétiques qui apportent du caractère et de l’authenticité à l’œuvre.

L’avis d’Amylee sur le papier Aquapad

Dès la première prise en main, on sent un objet pensé pour être utilisé sur le terrain : une couverture rigide, une sensation de solidité, et surtout cette capacité à s’ouvrir complètement à plat, ce qui change tout quand on travaille en double-page. On n’a pas cette contrainte du carnet qui se referme ou crée une cassure au milieu du dessin… ici, la surface reste lisible et continue.

Le papier aquarelle 300 g/m² Clairefontaine est clairement un point fort.

Il encaisse très bien l’eau, les superpositions, les lavis, et même les techniques mixtes. Dans ma pratique, où j’aime mélanger marqueurs et recherches graphiques et picturales, il tient bien le choc sans trop gondoler. Le grain fin et léger permet aussi de garder un trait précis : c’est un papier qui ne “mange” pas le dessin, ce qui est important quand on travaille des personnages ou des scènes détaillées.

Carnet Aquapad de la marque Clairefontaine – Photo Amylee

Ce carnet Clairefontaine m’accompagne bien dans une démarche d’exploration : pour des scènes inspirées de paysages ou d’ambiances comme celles du Cantal. Il permet de passer rapidement de l’idée à l’image sans se poser trop de contraintes techniques.

Les qualités de ce bloc :

  • Un papier aquarelle 300 g/m² : une épaisseur professionnelle qui supporte très bien l’eau, les lavis et les techniques mixtes.
  • Un grain fin et léger : idéal pour les détails, les traits précis et les rendus illustratifs sans texture trop marquée.
  • Très bon compromis dessin / technique humide : il accepte aussi bien le marqueur que l’aquarelle légère ou les encres.
  • Très bonne résistance à l’eau : le papier gondole peu, même avec des applications généreuses.
  • Un carnet rigide avec couverture type cuir : solide et protecteur, avec un toucher soft touch
  • Une ouverture à plat : permet de travailler sur des double-pages sans gêne, offrant un confort optimal pour les compositions panoramiques.
  • Et une bonne tenue dans le temps : les pages restent stables, ce qui en fait un support fiable pour archiver des travaux finis ou des recherches.

Bon à savoir : de mon expérience, j’ai identifié quelques habitudes simples mais très pratiques à garder en tête lorsque j’utilise ce type de carnet. Je commence toujours par une page test, que ce soit en début de carnet ou au lancement d’une série, car j’aborde de plus en plus le carnet non pas comme une succession d’œuvres isolées, mais comme un espace narratif continu.

Cette approche permet de construire une véritable cohérence visuelle, où chaque page dialogue avec la suivante. Mes pages test en début de chaque série me servent à observer comment les couleurs et les techniques réagissent entre elles sur le papier, ce qui m’aide à éviter les mauvaises surprises et à mieux anticiper le rendu final. J’essaie dans la majorité des cas de travailler en alternance entre techniques sèches et humides à l’intérieur du carnet, afin de ne pas saturer le papier trop rapidement.

Enfin, je laisse sécher complètement les pages avant de refermer le carnet, surtout lorsque j’utilise des encres ou des marqueurs chargés, afin d’éviter tout transfert de couleurs entre les feuilles.

Malgré ses qualités, certains points peuvent être améliorés :

  • Prix relativement élevé comparé aux carnets standards.
  • Grain fin qui peut limiter certaines textures expressives (moins adapté si l’on recherche un rendu granuleux ou texturé).
  • Absorption rapide : peut demander une certaine maîtrise des lavis pour éviter les marques trop nettes ou les reprises difficiles.
  • Carnet non détachable : les pages ne sont pas amovibles, ce qui peut être contraignant pour encadrer ou scanner certaines œuvres.

Au final, c’est un support que je trouve très équilibré : assez technique pour des travaux aboutis, mais suffisamment souple pour laisser place à l’expérimentation. Un bloc qui accompagne bien une pratique entre observation, recherche et narration visuelle.

À propos des marqueurs Liquitex

Les marqueurs Liquitex Acrylic Professional (à base d’eau) de la marque Liquitex font partie des outils que j’utilise assez souvent dans mes explorations graphiques, surtout je cherche un rendu à la fois propre, intense et proche de l’acrylique peinte, mais avec la spontanéité du geste du dessin.

Ce que j’apprécie avec ces marqueurs, c’est la richesse des pigments. Les couleurs sont franches, denses, et gardent une vraie intensité une fois sèches. On obtient des aplats très nets, presque “imprimés”, ce qui m’intéresse particulièrement quand je travaille des compositions inspirées de la risographie ou des logiques graphiques très contrastées.

Marqueurs peinture acrylique Liquitex (Gros plan) – Photo Amylee

Les qualité de ce marqueurs :

  • Des pigments très intenses et couvrants : les couleurs sont vives, profondes et restent stables après séchage. Ces marqueurs couvrent bien dès le premier passage.
  • Un rendu homogène et propre : le marqueur permet des aplats nets, sans traces de pinceau. Ils peuvent être combinés avec crayon, encre, collage ou peinture sans trop de conflits de matière une fois secs.
  • Une finition mate ou satinée selon les couleurs, proche de la peinture acrylique traditionnelle.
  • Une superposition efficace : possibilité de travailler en couches sans perte immédiate de lisibilité.
  • Une polyvalence d’utilisation : fonctionne sur papier, carton, bois, toile et supports mixtes.

Dans ma pratique, ces marqueurs me servent à poser des silhouettes ou des paysages. J’aime leur côté direct : sans pinceau ni préparation, on entre tout de suite dans le geste. Leur capacité de superposition permet d’explorer des compositions proches de l’esprit riso, avec des aplats structurés et des contrastes forts.

Ces outils demandent toutefois de l’anticipation et un travail par étapes plutôt qu’en fondus. La pointe nécessite aussi un entretien régulier pour éviter une charge irrégulière. C’est une écriture visuelle graphique et assumée que je recommande pour poser rapidement une ambiance et mener des recherches de composition audacieuses.

Bon à savoir : j’utilise toujours mes marqueurs en progressant du plus clair vers le plus foncé. Cette méthode préserve la luminosité de mes teintes et permet de construire les contrastes sans ternir les couleurs de base. C’est une approche qui facilite grandement les superpositions et aide à maîtriser l’équilibre global de la composition, surtout avec une palette restreinte inspirée de la risographie.

Tests graphiques avec les marqueurs Liquitex

Les points à améliorer. Si un membre de la team R&D Liquitex passe par ici, je dirais que malgré leurs performances, j’ai relevé quelques points de vigilance concernant leur utilisation :

  • Prix élevé par rapport à d’autres marqueurs acryliques.
  • Séchage rapide : peut compliquer les mélanges en direct. Une fois sèche, l’acrylique devient permanente, avec peu de possibilités d’effacement ou de retouche légère.
  • Fragilité de la pointe : une usure possible selon l’intensité d’utilisation, qui nécessite un entretien régulier afin d’éviter le bouchage. Il est recommandé de les stocker à plat pour garantir un flux d’encre homogène.
  • Flacon intégré non rechargeable facilement, ce qui limite parfois la durabilité à long terme.

L’interprétation d’Amylee de la risographie

Dans ce projet, je m’inspire de cet univers sans utiliser la technique réelle de la risographie. N’ayant pas accès à la machine ni aux encres spécifiques, je travaille une interprétation artistique de ses codes :

  • La limitation volontaire des couleurs
  • Les contrastes forts
  • Les aplats simples et lisibles
  • L’effet de superposition graphique

Pour cela, j’utilise les marqueurs Liquitex, dont l’intensité et la fluidité permettent de jouer avec des aplats nets et expressifs, ainsi que le bloc cousu de voyage Aquapad, idéal pour capter une approche spontanée et vivante du dessin.

Carnet Clairefontaine Aquapad et marqueurs acrylique Liquitex

Mon exploration graphique inspirée du Cantal

Dans cette série, j’ai exploré des scènes inspirées du Cantal : paysages vallonnés, reliefs volcaniques, villages et personnages. Ces illustrations jouent sur des silhouettes simplifiées, des contrastes chromatiques réduits et des compositions empruntant à l’esthétique riso pour créer une narration visuelle entre observation et interprétation. Ici, les personnages deviennent de véritables éléments graphiques, des formes colorées interagissant avec l’environnement.

Vache salers (Cantal) – Liquitex avec pastel gras sur papier carnet Aquapad – Photo Amylee

Entre contrainte et liberté

Ce travail démontre qu’une contrainte technique, telle que la limitation chromatique propre à la risographie, agit comme un véritable moteur créatif. En restreignant volontairement votre palette, vous gagnez immédiatement en cohérence visuelle et en force graphique, tout en clarifiant votre intention artistique.

Même sans équipement spécialisé, adopter cette approche permet de retrouver une écriture visuelle audacieuse. Les contrastes et les superpositions deviennent alors de puissants outils de narration pour vos compositions.

Illustration inspiration riso sur carnet Aquapad Clairefontaine – Amylee

J’espère que cet article donnera envie d’expérimenter à votre tour et d’explorer cette esthétique graphique à travers vos propres créations.

Pensez à partager le résultat sur Instagram en me taguant avec @amylee.fr. Si je vois passer une publication, je serai ravie de la découvrir et de la repartager à ma communauté !


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Amylee
Amylee
Floraisons abstraites ou portraits fleuris, la passion d’Amylee Paris est de faire rayonner ses couleurs entre ses galeries d’art (Suisse, Autriche, Angleterre), ses collectionneurs et sa communauté. En 2009, Amylee fonde amylee.fr : atelier Conseil pour artistes devenu organisme de Formation certifié Qualiopi. Elle partage son métier d’artiste peintre dans des articles blog, des guides à télécharger, des coachings et des formations éligibles au CPF pour aider les artistes peintres à se professionnaliser dans le monde de l’art.

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