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Tout savoir sur les formats de papiers : A0, Raisin, Jésus, et les autres

Tout savoir sur les formats de papiers : A0, Raisin, Jésus, et les autres

Aujourd’hui, nous sommes nombreux à connaître l’existence des formats de papiers standards : du A0 au A6 qui sont les plus répandus. Toutefois, il existe une multitude d’autres formats, utilisés aussi bien dans les beaux-arts, que pour l’imprimerie ou usage scolaire. Format raisin, aigle, A0, B4… Les connaissez-vous tous ? C’est ce que nous allons découvrir dans cet article !

La compréhension des formats de papiers ne serait pas entière si nous ne commencions pas par un peu d’histoire.

Fabrication du papier : un peu d’histoire

De nombreuses années ont été nécessaire à en arriver à la standardisation des papiers. Elle a essentiellement été rendue possible par l’apparition des techniques industrielles. Reprenons l’histoire depuis le début, à l’apparition de l’industrie papetière en Europe.

Du XVème au XVIIIème siècle : production à la main

Avant le XIXème siècle, le papier était fabriqué feuille par feuille à la main, dans des moulins dédiés (notamment en France, en Italie et aux Pays-Bas). Cette fabrication artisanale nécessitait un savoir-faire considérable et suivait des techniques ancestrales transmises de maître papetier en apprenti depuis le Moyen Âge.

Chaque moulin utilisait ses propres formes, avec souvent, des moules rectangulaires en fil de laiton pour donner la taille des feuilles. Ces formes étaient constituées d’un cadre en bois sur lequel étaient tendus des fils de laiton appelés vergeures, entrecroisés par des pontuseaux plus espacés. L’artisan plongeait cette forme dans une cuve contenant la pâte à papier diluée, effectuant un mouvement de va-et-vient pour répartir uniformément les fibres et permettre l’égouttage de l’eau excédentaire.

Ces dimensions n’étaient pas normalisées et dépendaient le plus souvent de la taille du châssis de fabrication du papetier, de l’usage qu’il était prévu de faire avec le papier (par exemple : du dessin, de la gravure, de l’édition, des affiches, etc.) et des limitations physiques du geste de l’artisan. La fabrication manuelle imposait également des contraintes techniques : la taille maximale d’une feuille était limitée par la force nécessaire pour soulever la forme remplie de pâte et par l’envergure des bras du papetier. Ainsi, jusqu’au début du XIXème siècle, la fabrication du papier à la main limitait les dimensions des feuilles.

Les maîtres papetiers marquaient souvent leurs productions avec des filigranes. Ils servaient à la fois de marque de fabrique et d’indicateur de qualité permettant d’identifier l’origine et la date de fabrication du papier. Les noms anciens des formats (cloche, pot, raisin…) viennent des dessins primitivement représentés en filigrane.

C’est à cette époque-là que naissent les formats “de métier” comme les formats Demi-Raisin, Jésus, Colombier, Aigle, Éléphant, etc. Ces appellations, encore utilisées aujourd’hui dans le domaine des beaux-arts, reflètent l’héritage de cette production artisanale où chaque région développait ses propres standards en fonction des besoins locaux et des traditions établies par les corporations de papetiers.

XIXème siècle : apparition de formats standards

Jusqu’au XIXème siècle, les normes internationales n’existaient pas et chaque zone géographique développait ses propres standards de fabrication. Ainsi, le format Raisin français pouvait différer de quelques millimètres ou même centimètres du format Raisin anglais ou du format Raisin italien, créant des défis logistiques considérables pour le commerce international.

Cette diversité s’expliquait par plusieurs facteurs : les techniques de fabrication artisanale qui dépendaient des dimensions des formes de chaque moulin, et les besoins culturels propres à chaque région. Les papetiers adaptaient leurs productions aux demandes locales, qu’il s’agisse d’édition, de correspondance ou de création artistique.

La nécessité d’une standardisation devient pressante avec le développement des échanges commerciaux. Les fabricants et imprimeurs réalisent les avantages économiques d’une harmonisation des formats : optimisation des coûts de production et simplification des processus de découpe et d’impression.

Dans le domaine des beaux-arts, ces termes traditionnels ont été soigneusement conservés pour honorer la tradition artisanale et préserver l’identité culturelle des différentes écoles artistiques européennes. Cette persistance des formats traditionnels dans l’univers artistique témoigne de l’importance accordée à la continuité historique et à la qualité artisanale, même à l’ère de la production industrielle moderne.

XXème siècle : la normalisation ISO

Au cours des années 1920-1930, l’Allemagne a progressivement introduit la norme DIN 476, qui est devenue plus tard la norme ISO 216. Cette révolution dans la standardisation des formats de papier trouve ses racines dans les travaux visionnaires de l’ingénieur et mathématicien allemand Walter Porstmann, qui dès 1918 avait jeté les bases de ce qui allait transformer l’industrie papetière mondiale.

La norme DIN 476, officiellement adoptée par l’Institut allemand de normalisation (Deutsches Institut für Normung) en 1922, reposait sur un principe mathématique : un rapport longueur/largeur constant de √2 (environ 1,414) permettant de conserver les proportions lors du pliage ou de la découpe. Cette innovation technique représentait une rupture majeure avec les siècles de fabrication artisanale.

Le format de base de cette nouvelle standardisation était établi ainsi :

  • A0 = 1 m² (84,1 x 118,9 cm), servant de référence absolue
  • A1, A2, A3, A4, etc. (chaque format correspondant exactement à la moitié du précédent)
  • Séries B et C complémentaires pour répondre aux besoins spécifiques de l’imprimerie et de l’enveloppage

Cette norme allemande DIN 476 connut un succès international remarquable, s’étendant rapidement à travers l’Europe et au-delà. Avant la Seconde Guerre Mondiale, plus de quarante pays du monde y ont adhéré. La France, initialement réticente en raison de ses propres traditions papetières héritées de la Révolution française, finit par l’accepter en 1967.

En 1975, la norme ISO 216 est adoptée : elle reprend intégralement les principes de la DIN 476 tout en devenant la référence mondiale officielle. Cette norme internationale fut également adoptée comme format officiel des Nations Unies, consacrant définitivement le système de Porstmann à l’échelle planétaire, à l’exception notable des États-Unis et du Canada qui conservent leurs propres standards (format Letter (lettre US) Legal).

Pourquoi existe-t-il les formats A1, A2, A3, etc. ?

En résumé, les formats standards A1, A2, A3 et les autres ont été créé dans une logique d’optimisation logistique, industrielle et commercialisation. Cette normalisation a facilité les échanges internationaux ainsi que le travail des imprimeurs entre autres.

Cette normalisation des formats permet :

  • une reproduction et réduction faciles (ex : photocopies sans distorsion),
  • une optimisation du papier (pas de perte lors des découpes),
  • et une cohérence mondiale (ou presque)

Concrètement, quels sont les différents formats de papier ?

Les formats standards modernes

La série A : les tailles courantes A4, A5 et plus

Le papier de la série A est le format le plus répandu. Il est très pratique puisque quand on coupe une feuille en deux dans le sens de la largeur, les deux moitiés ont exactement le même rapport de proportions que la feuille initiale. Ainsi, une feuilles A3 est la moitié d’une feuille A2, un format A4 est la moitié d’un A3, un A5 est a moitié d’un A4, etc.

Nom du format du papier Dimensions du papier en cm (largeur x longueur) Utilisation
A0 84,1 x 118,9 cm Affiches techniques / Plans d’architecte / Tracés d’art
A1 59,4 x 84,1 cm Posters / Affiches / Dessins grands formats
A2 42 x 59,4 cm Dessins / Plans réduits / Affiches moyenne taille
A3 29,7 x 42 cm Dessins / Croquis / Affiches A3 / Menus
A4 21 x 29,7 cm Feuille standard bureautique / Documents officiels
A5 14,8 x 21 cm Carnets / Brochures / Petits blocs notes
A6 10,5 x 14,8 cm Cartes postales / Invitations
A7 7,4 x 10,5 cm Petites étiquettes / Notes / Mini-cartes
A8 5,2 x 7,4 cm Tickets / Petits marque-pages
A9 3,7 x 5,2 cm Echantillons / Mini-tickets
A10 2,6 x 3,7 cm Micro-formats / Usages industriels

La série B : très répandue en imprimerie

Le papier de la série B garde les mêmes proportions mais en plus grand, jusqu’à plus d’un mètre de long avec le format B0. Cela sert essentiellement à l’imprimerie et aux affiches.

Nom du format papier Dimensions du papier en cm (largeur x longueur) Comparaison avec A Utilisation
B0 100 x 141,4 cm Grands posters, plans d’architecte, affiches d’expositions
B1 70,7 x 100 cm Entre A0 et A1 Affiches standards grand format
B2 50 x 70,7 cm Entre A1 et A2 Feuilles de dessin grand format (Beaux-Arts)
B3 35,3 x 50 cm Entre A2 et A3 Carnets d’art / Catalogues
B4 25 x 35,3 cm Entre A3 et A4 Carnets d’art / Catalogues
B5 17,6 x 25 cm Entre A4 et A5 Livres / Cahiers haut de gamme
B6 12,5 x 17,6 cm Entre A5 et A6 Carnets / Agendas / Livres de poche
B7 8,8 x 12,5 cm Entre A6 et A7 Tickets / Etiquettes / Cartes de visite
B8 6,2 x 8,8 cm Entre A7 et A8 Tickets / Etiquettes / Cartes de visite
B9 4,4 x 6,2 cm Entre A8 et A9 Tickets / Etiquettes / Cartes de visite
B10 3,1 x 4,4 cm Entre A9 et A10 Tickets / Etiquettes / Cartes de visite

La série C : un format dédié aux enveloppes

Le papier de la série C est principalement utilisée pour les correspondances. Ainsi un format d’enveloppe C4 convient à l’envoi de document en A4 non plié par exemple.

Nom du format papier Dimensions du papier en cm (largeur x longueur) Utilisation
C0 91,7 x 129,7 cm Enveloppe pour A0
C1 64,8 x 91, 7 cm Enveloppe pour A1
C2 45,8 x 64,8 cm Enveloppe pour A2
C3 32,4 x 45,8 cm Enveloppe pour A3
C4 22,9 x 32,4 cm Enveloppe pour A4 (non plié)
C5 16,2 x 22,9 cm Enveloppe pour A5 ou A4 plié en deux
C6 11,4 x 16,2 cm Enveloppe pour A6 (carte postale)
C7 8,1 x 11,4 cm Petite enveloppe
C8 5,7 x 8,1 cm Mini enveloppe (cadeaux / messages)
C9 4 x 5,7 cm Micro format
C10 2,8 x 4 cm Très petit format (rarement utilisé)

Les formats traditionnels dits “de métiers”

Dans le domaine des beaux-arts, les anciens formats ont remarquablement subsisté malgré cette révolution normative. Cette coexistence entre formats standards modernes et formats de métier traditionnels témoigne de la richesse culturelle du patrimoine papetier européen, où des appellations comme Raisin, Jésus, Colombier ou Grand Aigle perdurent.

Les fabricants de papiers beaux-arts prestigieux comme Arches, Canson, Fabriano ou Hahnemühle perpétuent encore aujourd’hui cette double tradition, déclinant leurs gammes dans les deux systèmes de mesure pour satisfaire tous les besoins des artistes avec de nombreux types de papiers.

Raisin

Le format Raisin mesure 65 x 50 cm et constitue l’un des formats les plus emblématiques des beaux-arts. Ce format est particulièrement apprécié dans les écoles d’art et les ateliers pour sa polyvalence. Il offre suffisamment d’espace pour des créations ambitieuses tout en restant maniable pour le travail en atelier. Le Raisin convient parfaitement au dessin, à la peinture et aux techniques mixtes.

Demi-raisin

Le format Demi-Raisin, de dimensions 50 x 32,5 cm, représente exactement la moitié du format Raisin. Cette taille intermédiaire est très prisée par les étudiants en beaux-arts pour les exercices et les études. Son format permet un travail détaillé sans être trop imposant, ce qui en fait un choix idéal pour l’apprentissage des techniques de dessin et de peinture. Il est couramment utilisé dans les cours d’arts plastiques.

Grand aigle

Le format Grand Aigle mesure 75 x 56 cm et fait partie des grands formats traditionnels français. Principalement destiné à l’édition d’art et aux œuvres de prestige, il offre une surface généreuse pour les créations artistiques ambitieuses. Ce format est particulièrement apprécié des artistes professionnels pour la réalisation d’œuvres originales destinées à être exposées ou reproduites dans des publications d’art de qualité.

Jésus

Le format Jésus, aux dimensions de 56 x 76 cm, est historiquement lié aux beaux-arts et à la gravure. Ce format rectangulaire offre des proportions élégantes qui conviennent particulièrement bien aux compositions verticales. Il est traditionnellement utilisé pour la gravure d’art, l’eau-forte et les techniques d’impression artistique. Sa taille permet de créer des œuvres d’envergure tout en conservant une excellente qualité de détail.

Demi-Jésus

Le format Demi-Jésus mesure 38 x 56 cm et constitue la version réduite du format Jésus. Cette taille est parfaitement adaptée aux études préparatoires et aux œuvres de format moyen en beaux-arts. Il est couramment utilisé pour la gravure de petit format et les techniques d’impression artistique. Son rapport de proportions équilibré en fait un choix apprécié pour les compositions nécessitant finesse et précision.

Éléphant

Le format Éléphant, de dimensions 72 x 90 cm, figure parmi les plus grands formats traditionnels français. Principalement destiné à la gravure et aux œuvres d’art de grande envergure, il permet aux artistes de s’exprimer sur une surface généreuse. Ce format imposant est particulièrement adapté aux techniques nécessitant de l’espace comme la gravure sur cuivre ou la lithographie. Il convient aux créations artistiques destinées à marquer par leur présence et leur impact visuel.

Grâce au tableau ci-dessous, visualisez l’ensemble des formats de métier existants jusqu’au format Grand Aigle double.

Nom du format papier Dimensions du papier en cm (largeur x longueur) Utilisation Beaux-Arts
Grand Aigle 75 x 56 cm Edition d’art
Petit Aigle 70 x 50 cm Edition d’art
Raisin 65 x 50 cm Courant en école d’art
Demi-Raisin 50 x 32,5 cm Courant en école d’art
Jésus 56 x 76 cm Beaux-Arts / Gravure
Demi-Jésus 38 x 56 cm Beaux-Arts / Gravure
Colombier 60 x 80 cm Affiches / Edition d’art
Demi-Colombier 40 x 60 cm Affiches / Edition d’art
Grand Monde 90 x 63 cm Utilisation plus rare
Grand aigle impérial 72 x 62 cm Aquarelle (Angleterre)
Eléphant 72 x 90 cm Gravure
Grand aigle double 100 x 75 cm Usage professionnel

À l’aide de ces différents tableaux et indications, les formats des papiers n’ont à présent plus de secrets pour vous.

Le Géant des Beaux-Arts, spécialisé dans les produits Beaux-Arts, propose tous types de formats, pour de nombreux usages :

Ces papiers sont classés par techniques artistiques pour que vous puissiez vous y retrouver : peinture, dessin, calligraphie, impression, millimétrés, calque, etc. Vous trouverez même de quoi fabriquer vous-même votre papier, après tout, pourquoi pas ?


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