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Ajouter de la couleur à vos céramiques grâce à l’engobe : tutoriel par @onauraitditlalune

Ajouter de la couleur à vos céramiques grâce à l’engobe : tutoriel par @onauraitditlalune

Pendant longtemps, j’ai laissé la plupart de mes pièces en céramique entièrement brutes.

Ce n’était pas l’envie d’ajouter de la couleur qui manquait, bien au contraire. Mais après des heures passées à façonner une pièce, j’avais toujours peur que les couleurs viennent gâcher tout le travail accompli.

Puis, j’ai pu tester pour la première fois l’engobe ; une technique qui m’a ouvert les portes vers un monde encore plus coloré et poétique.

Qu’est-ce qu’un engobe en céramique ?

Si vous avez déjà travaillé la céramique, vous avez déjà utilisé de la barbotine : un mélange d’argile et d’eau qui permet notamment d’assembler deux éléments entre eux. Notre colle à nous !

L’engobe ressemble beaucoup à une barbotine, à la différence qu’on lui a ajouté des pigments qui permettent de la colorer. On obtient une matière qui se travaille presque comme de l’argile (très) liquide ; on peut l’appliquer au pinceau pour dessiner, peindre ou décorer ses pièces dans de belles palettes de couleurs.

La particularité de l’engobe qui me plaît aussi beaucoup est que l’on peut l’appliquer à différentes étapes de la création d’une pièce. D’une part, il peut être utilisé sur ce que l’on appelle la consistance cuir : lorsque la terre est en train de sécher, avant la cuisson. Mais il peut aussi intervenir sur un “biscuit” :  une fois que la pièce a cuit une première fois.

Cela permet par exemple de réaliser un premier aplat de couleurs avant cuisson, puis d’appliquer des détails ou un émail après une première cuisson pour sublimer le résultat.

Speedball Underglaze : engobes prêts à l’emploi

Pour mon passage à la couleur, j’ai pu m’équiper d’un arc-en-ciel d’engobes Speedball Underglaze.

S’il est possible de fabriquer ses propres engobes, cela dépend de beaucoup de paramètres : dosage, pigment, cuisson, terre… De quoi avoir le vertige lorsque l’on débute dans la mise en couleur ou dans la céramique en général !

Mais pas de panique : les engobes Speedball Underglazes sont des engobes colorés prêts à l’emploi. Pas besoin de préparer sa recette ni de doser différents pigments : les couleurs sont déjà prêtes et peuvent être utilisées directement au pinceau.

Décor de poteries pas à pas

Pour bien appréhender ces nouvelles couleurs en fonction de votre terre et de vos conditions de cuisson, je vous recommande de réaliser quelques tuiles de test. C’est selon moi la meilleure façon d’apprendre à appliquer les engobes et de découvrir le comportement des couleurs après cuisson.

Après vos essais, ces petites plaques deviennent votre nuancier. Elles permettent de voir le rendu réel des couleurs après cuisson pour savoir laquelle piocher pour de futures créations.

Étape 1 : préparer les tuiles

Pour réaliser mes tests, rien de plus simple : je crée des petites plaques d’argile que je laisserai sécher :

  • 48 heures pour tester les engobes sur la consistance cuir (terre légèrement sèche)
  • Quelques jours, puis un passage au four pour tester les engobes sur un biscuit (après première cuisson)

De mon côté, pour la terre, j’utilise du grès chamotté blanc.

Étape 2 : appliquer les engobes au pinceau

On commence par bien secouer les tubes d’engobe afin de répartir les pigments, la terre et l’eau.

On applique ensuite les engobes Speedball à l’aide d’un pinceau en fine couche. Deux à trois couches plus tard, le tour est joué : on a un bel aplat de couleurs.

Personnellement, pour des couleurs bien vives, je pars sur trois couches.

Je veille bien à laisser la terre absorber la couleur entre chaque couche. Quand on passe d’une texture humide à un aspect sec, comme pour de la peinture, c’est au tour de la couche suivante.

Étape 3 : cuisson des tuiles

Une fois la terre et les engobes secs, on arrive à la première cuisson à 980 degrés.

On se retrouve avec des couleurs douces et mates qui conservent la texture de la terre. C’est l’un des aspects que j’apprécie particulièrement avec les engobes : la couleur vient accompagner la pièce sans masquer le modelage, les reliefs ou les détails façonnés dans la matière.

Pour les créations avec beaucoup de textures ou de petits détails, c’est une excellente façon d’ajouter de la couleur tout en préservant le caractère de la terre.

Étape facultative : appliquer une couverte (émail)

Pour obtenir un rendu plus brillant, il est possible d’appliquer une couverte transparente sur les engobes avant une seconde cuisson.

C’est une fine couche d’émail transparent qui va protéger la surface tout en révélant davantage les couleurs. Les teintes gagnent en profondeur et en luminosité, la texture devient plus brillante puisque l’émail est du verre.

Comme toujours en céramique, le résultat peut varier selon la terre, la température de cuisson et l’émail utilisé. C’est aussi tout l’intérêt de ces tuiles de test : connaître le rendu avant de l’appliquer sur une pièce terminée !

Si comme moi vous hésitiez à vous mettre à la couleur sur vos céramiques, les engobes sont une belle porte d’entrée pour commencer !

J’espère que ces quelques tests vous donneront envie de sortir vos pinceaux et d’expérimenter à votre tour ces belles nuances.

Questions fréquentes sur l’engobe

Quelle différence entre engobe et émail ?

L’engobe et l’émail ont des usages à la fois complémentaires et très différents pour décorer ses créations en céramique. Leur principale différence tient dans leur composition :

  • L’engobe est composé en grande partie d’argile et d’eau (notre fameuse barbotine), puis de pigments colorés.
  • L’émail, lui, est destiné à se vitrifier lors de la cuisson. Dans le four à très haute température, il va fondre et se transformer en une fine couche de verre qui peut être transparente ou colorée, brillante ou mate.

On peut utiliser les deux pour colorer une pièce, selon le rendu souhaité. On peut même les utiliser ensemble : là où l’engobe restera très proche de la terre et gardera un aspect brut, l’émail lui viendra apporter une nouvelle surface qui modifie l’aspect final de la création.

Qu’est-ce qu’un biscuit ?

Lorsqu’on parle de biscuit en céramique, on parle d’une pièce qui a déjà subi une première cuisson entre 900 et 1000 degrés. C’est la première épreuve du feu pour notre pièce. Elle devient assez solide pour être manipulée sereinement, et il lui reste encore la possibilité d’une seconde cuisson pour appliquer de belles finitions.


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