Les couchers de soleil ont toujours fasciné les artistes comme les simples spectateurs. Cet éventail de couleurs chaudes qui embrasent le ciel est très prisé en peinture ou en dessin et pour cause : chaque crépuscule est unique. Vous souhaitez reproduire ces instants dorés sur votre toile ? Grâce à ce tutoriel de peinture à l’huile par Valentine Cousse, notre artiste partenaire vous guide pas à pas dans la peinture d’un coucher de soleil rouge. Découvrez le matériel nécessaire et suivez ses conseils jusqu’au résultat final.
Présentation du matériel
Le papier Tela de Fabriano
J’ai l’habitude de travailler avec une toile, c’était donc pour moi une première ! J’ai adoré le rendu du papier spécial huile Tela de Fabriano. Grâce à son grammage de 300 g/m², son touché est similaire à celui d’une toile. J’ai eu les mêmes ressentis au niveau de l’absorption de la peinture ou encore au niveau du rendu de mes traits de pinceaux que lorsque je peints sur mon châssis entoilé en lin. J’apprécie aussi le fait que ce papier soit fabriqué sans acide, car cela garantit l’inaltérabilité du papier dans le temps. Je trouve ce support, plus fin qu’une toile, parfait pour les encadrements !


Les pinceaux Borciani e Bonazzi
J’ai une préférence pour les pinceaux assez souple et c’est le cas de cette gamme. Leur fibre synthétique est douce, absorbante et élastique, ce qui la rends parfaite pour les peintres qui aiment utiliser du diluant. Ils sont également parfaits pour du travail en finesse, par exemple, lorsque je réalise les vagues. Leur design sophistiqué, avec un manche ergonomique blanc, leur donne un aspect magnifique, qui me donne envie de les laisser dehors dans mon atelier !
Les couleurs à l’huile Maimeri
C’est un gros coup de cœur ! Elles se dégradent et se fondent bien entre elles. Elles sont très opaques même lorsqu’on n’utilise pas beaucoup de quantité. Le nuancier de 88 couleurs est très lumineux. Le mélange semble se faire de manière plus limpide que sur les autres marques que j’ai l’habitude d’utiliser. La peinture à l’huile Classico est mélangée à une huile de lin pure pour un séchage rapide et à une huile de carthame pour préserver la stabilité des blancs. J’ai l’habitude de travailler avec de l’huile de lin, c’est d’ailleurs le diluant que j’ai choisi d’utiliser pour réaliser cette toile et celle de chez Maimeri et d’une superbe qualité pour un prix tout à fait raisonnable. Le séchage m’a paru beaucoup plus rapide que d’habitude !

Tutoriel : comment faire votre tableau à l’huile ?
Tout d’abord, je commence par diviser ma feuille en deux, au niveau qui plaît. Je vous conseille d’utiliser du scotch de masquage pour créer une séparation nette et rectiligne. La partie du haut sera consacrée au ciel et la partie du bas à l’océan.
Peindre le ciel en dégradé
Pour peindre le ciel, je choisie une ou deux couleurs chaudes, ici le Jaune permanant Orange (110) que je dilue avec un mélange entre de l’huile de lin et du gel siccatif 625 de Maimeri. Ce mélange a pour but de diluer la peinture à l’huile et de l’aider à sécher plus rapidement. Je réalise ensuite un dégradé du plus foncé en bas vers le plus clair en haut. En général, je scinde le ciel en trois parties, d’une couleur foncée vers le clair pour créer un contraste. Pour éclaircir la couleur choisie, j’utilise toujours du Blanc de Titane (018).
Pour me faciliter la tâche, j’utilise un pinceau large à pointe plate pour appliquer la peinture dans le dégradé souhaité de manière assez grossière, puis j’utilise un pinceau à pointe touffue pour fondre mon dégradé. C’est cette étape où la magie opère. Je ne nettoie pas forcément mon pinceau entre le changement de couleur, je les essuie simplement. S’il y a encore de la couleur dessus, cela donnera au dégradé un rendu d’autant plus fondu.
Pour ajouter, quelques nuages, vous pouvez également suivre les conseils d’Amylee sur le blog.

Comment peindre la mer ?
Je choisi le bleu qui va faire toute la couleur de l’océan, ici le Bleu Outremer foncé (392). Je travaille de nouveau en trois temps : des vagues plus grosses en bas, puis de plus en plus petites vers l’horizon. Pour réaliser les grosses vagues, je réalise des formes assez grossières assez espacées, puis entre, je mets du Blanc de Titane, au départ, cela va faire un contraste entre les deux couleurs, mais une fois que j’utilise mon pinceau touffu pour fondre les deux couleurs entre-elles, on obtiendra ce beau dégradé.

Pour les vagues du milieu, comme elles seront plus serrées, je réalise un fond blanc ou blanc avec une toute petite touche d’orange. Comme ça, je n’ai plus qu’à placer les détails des vagues par-dessus et à estomper. À l’horizon, ce ne sont finalement que des petits traits qui se trouvent loin par rapport à notre perspective. Plus on fait des lignes lisses, plus la mer semble calme, plus on utilise des formes anguleuses, plus la mer sera agitée.
Et voilà le résultat final :

FAQ : conseils pour créer un océan facilement
Est-ce qu’il est nécessaire d’apprêter sa toile ou son papier avant de peindre à l’huile ?
Personnellement, la plupart de temps, je n’applique pas d’apprêt avant de peindre à l’huile. Il m’arrive d’appliquer une couche de peinture acrylique pour avoir un fond uniforme.
Quels diluants utilises-tu pour peindre à l’huile ?
J’utilise un mélange 50-50 entre de l’huile de lin pure et du gel siccatif, ce qui va me permettre d’utiliser moins de peinture, de faire des couches fines et d’avoir un séchage accélérer. J’applique d’abord le mélange sur mon pinceau avant de le tremper dans la couleur de mon choix.
Qu’est ce que tu utilises pour nettoyer tes pinceaux ?
J’aime bien utiliser des nettoyants écologiques et le plus naturels possible comme, par exemple, le nettoyant ECO de Maimeri ou la gamme Green For Oil de Sennelier.
Quel est le pinceau que tu utilises pour fondre tes dégradés ?
J’utilise le pinceau en poils de chèvres clairs à pointe amande de la gamme Graduate, de Daler Rowney.
Est-ce que tu laves tes pinceaux entre chaque changement de couleur ?
Non ! Je ne le fais pas car, dans ma technique où je réalise des dégradés, cela ne me dérange pas si les couleurs se mélangent directement sur mon pinceau, au contraire.
Comment est-ce que tu choisies les teintes que tu vas utiliser pour réaliser ton coucher de soleil ?
Je choisie d’abord le bleu, c’est cette couleur qui va donner la teinte de mon tableau. J’ai forcément mes bleus favoris ! Ensuite, je choisies des couleurs chaudes, dans les rouges ou dans les orangés selon les inspirations que j’ai pu voir ou l’envie qui me vient. Je travaille beaucoup au feeling.
Est-ce que tu fais un croquis sur ta toile avant de commencer à peindre ?
Non, je ne réalise pas de croquis avant de commencer à peindre. J’utilise en revanche souvent du scotch de masquage pour placer ma ligne d’horizon.
Est-ce que tu utilises un modèle ou une photo que tu reproduis ?
Je travaille beaucoup au feeling sans utiliser forcément de modèle au moment de peindre, mais j’adore regarder des photos et des vidéos de couché de soleil pour m’inspirer du mouvement des vagues. Il m’arrive aussi de reprendre des tableaux que j’ai déjà réalisé où le mouvement me plaît.
Peut-on ajouter du vert pour réaliser des ombres sur les vagues ?
Non, je n’ai jamais utilisé de vert dans mes peintures ! Si je veux créer des ombres et des lumières, je reprends la couleur pure ou avec très peu de mélange et je repasse sur les traits que je souhaite foncer.
Combien de temps faut-il pour qu’une toile peinte à l’huile sèche ?
Généralement, la peinture peut mettre 24h pour sécher complètement au toucher, parce que je travaille en couches fines. Si je souhaite vernir la toile, il vaut mieux attendre 1 mois que la peinture soit totalement sèche. Si je travaillais sans siccatif ou en couches plus épaisses, le temps de séchage d’une peinture à l’huile peut aller jusqu’à 6 mois.

Direct YouTube : peignez en vidéo avec Valentine
Je vous invite à aller voir le direct que nous avons fait avec Le Géant des Beaux-Arts sur leur chaîne YouTube l’Atelier Géant où j’ai fait un tableau dans les tons plus rouges-rosés.












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