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fabrication pinceau

Pinceau, prolongement naturel de la main de l’artiste

Pinceau, prolongement naturel de la main de l’artiste

 

 
Les égyptiens peignaient jadis avec des instruments du même type que les pinceaux et ressemblant en fait à des feuilles de palme. Les Chinois perfectionnérent ces outils pour s’adonner à la calligraphie en plaçant des touffes de poils dans un bambou mais ce n’est qu’à la Renaissance que l’italien Cennino Cennini démystifia la fabrication des pinceaux dans son « livre des Beaux-Arts », imprimé en 1437.

Il expliqua alors leur élaboration à partir de poils de petit-gris, de chevreuil ou de soie de porc. Léonard de Vinci découvrit vers 1500 le phénoméne de la capillarité – capacité des poils à absorber beaucoup de liquide et le restituer pour une application plus réguliére de la couleur -, principe mis en pratique par les fabricants de pinceaux. L’invention vers 1750 de la virole métallique, qui unit les poils et le manche, fit entrer la fabrication du pinceau dans l’ére industrielle et donna une impulsion décisive aux spécialistes de cet artisanat.

pinceau dans l'eau

Les pinceaux pour artistes

Ils sont le fruit d’un travail artisanal minutieux et chaque technique picturale requiert une forme et une composition particuliére du pinceau. Un pinceau pour aquarelle présente par exemple un manche court, une virole ronde et une pointe en « V » à l’extrémité fine. Un pinceau pour acrylique a au contraire un manche long et une pointe plate ou ronde. 
L’acrylique séchant trés vite, la pointe doit offrir une trés grande élasticité et une parfaite résistance. Les pinceaux pour peinture à l’huile présentent également un manche long. Les pinceaux plats sont utilisés pour les applications larges et denses tandis que les pinceaux ronds permettent de réaliser les détails. La pointe en « langue de chat » et un modus vivendi entre le pinceau rond et le pinceau plat. 
En outre, le support – papier, toile en lin ou en coton, bois, etc. -, qui est lisse, doux ou rugueux, mais aussi le type d’application – empâtements, aplats, lavis, glacis – sont des critéres déterminants pour choisir votre pinceau. Le pinceau se compose de trois éléments : les poils, la virole et le manche.

Les poils : éléments essentiels du pinceau

Le poil est la partie vivante du pinceau et remplit 3 fonctions : l’absorption de la couleur, la rétention de l’eau, notamment pour les techniques humides, et la distribution de la couleur. La capillarité, la réserve et l’élasticité des poils du pinceau doivent permettre à l’artiste d’appliquer harmonieusement les couleurs sur le support et d’exprimer toute sa sensibilité. On distingue d’une part les poils naturels, qui sont eux-mêmes soit des poils extra-fins (martre, petit-gris), soit des poils fins (putois, oreille de bœuf, poney, chévre) ou encore des soies de porc, et d’autre part les poils synthétiques.

 

Les poils naturels extra-fins sont jalonnés d’écailles qui vont permettre une excellente absorption des pigments lors de la prise de couleur et également favoriser la rétention d’eau. En outre, un poil naturel se présente comme un fuseau au ventre plus ou moins accentué et l’amalgame de poils dans la touffe du pinceau va former ventre dont la densité va conditionner la réserve d’eau et de couleur. La distribution dépend pour sa part de la nervosité des poils.

Les poils extra-fins les plus chers et les plus précieux sont ceux de la martre, qui vit dans les contrées sibériennes et mandchouriennes les plus froides, notamment sur les bords des fleuves sibériens comme l’Amour, le Tobol, l’Ob, la Lena ou l’Oussouri. Son poil rouge doré superbe à la brillance satinée est, grâce à cet environnement, à la fois résistant, fin et souple. Les fabricants de pinceaux emploient la désignation « martre rouge Kolinsky » pour cette qualité de poil utilisée pour les pinceaux ronds destinés à l’aquarelle, les pinceaux plats pour l’huile, et les pinceaux pour retouches entre autres. Parfait pour les lavis et les techniques fluides, le poil de petit-gris est le plus fin de tous les poils naturels. Sa couleur varie selon l’origine de l’animal: il est brun chez le petit-gris de Kazan, en Russie, bleu chez celui de Saccamina et doré sur celui du Canada entre autres. Son potentiel d’absorption est remarquable: son volume augmente de 20% lorsqu’il est humidifié (voir illustration ci-dessus).

Les poils fins

Le poil de putois de Russie ou d’Europe Centrale, trés rare, est utilisé – pinceaux pour aquarelle et surtout Pinceaux ronds, plats et « langue de chat » pour huile – ainsi que le poil d’oreille de bœuf – le plus long et solide – le poil de poney ou le poil de Kevrin, trés fin et huileux. 
Les soies de porc 
La soie de porc de Chine est elle prisée pour son élasticité hors du commun. Sa souplesse est telle qu’une soie de porc a été employée en guise de balancier dans la premiére montre à Nuremberg, en Allemagne. Référence dans ce domaine, la soie blanche originaire de la ville chinoise de Chungking offre une résistance exceptionnelle et s’avére idéale pour la peinture à l’huile. Certaines soies naturellement cambrées se prêtent merveilleusement aux empâtements.

Les poils synthétiques

Néanmoins, les progrés techniques réalisés dans les fibres synthétiques pour pinceaux étant prodigieux, cette production de pinceaux s’est imposée au cours des 50 derniéres années. Les Japonais ont été les pionniers dans ce domaine. Tout débuta avec l’invention du nylon et du perlon, dont l’élasticité remarquable apporta une pierre décisive à l’édifice. Ces fibres remarquables s’avéraient même plus résistantes que les poils naturels sur des supports rugueux. Elles ont ensuite été développées pour s’approcher le plus possible de la qualité des poils naturels. Leur souplesse et leur solidité conditionnérent cette réussite. Les poils synthétiques sont parfaits pour l’acrylique, la résine qui compose cette matiére picturale liant bien les fibres entre elles pour « créer » et former la touffe lors de la prise de couleur.

La fabrique de pinceaux Jax-Hair excelle dans ce domaine où elle est devenue la référence. Certains fabricants combinent aujourd’hui leurs qualités en proposant des pinceaux à pointe mixte composée à la fois de poils naturels et de poils synthétiques. Les poils, qu’ils soient fins, extra-fins, synthétiques ou les soies sont préparés en bottes (voir illustration p. 17) pour être assemblés en pointe ronde, plate, bombée, usée bombée, langue de chat, éventail ou carrée dans la virole.

 

La virole unit les poils et le manche

Invention décisive dans l’histoire du pinceau, la virole, qui est conique ou cylindrique, relie les poils au manche. Elle peut être métallique – cuivre, argent, aluminium, laiton nickelé, fer-blanc – ou naturelle – plumes d’oie. Sa résistance à l’oxydation doit être optimale sur un pinceau pour aquarelle, le contact du pinceau avec l’humidité étant fréquente. Hormis la virole en fer-blanc, elle est en général sans soudure. Sa finition peut être vernie, nickelée ou dorée.

Le manche : touche finale pour le plaisir de l’artiste

Le manche, confectionné et poncé à partir de bois naturel tendre – bouleau, frêne, hêtre, chêne, wengé, etc. – puis enduit, laqué ou verni, doit procurer un toucher agréable à l’artiste. Sa longueur et sa forme varient selon la technique picturale. En effet, le manche d’un pinceau pour aquarelle est souvent plus long que celui d’un pinceau pour peinture à l’huile ou acrylique. Un manche long donne aussi du recul par rapport au sujet et de la force à l’impulsion. De plus, l’extrémité de certains manches est pointue, ce qui permet d’effectuer des retouches et des effets sgraffito.

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