l'Atelier Géant
Festival
La Cour des Miracles

La Cour des Miracles

Date / Heure
Date(s) - 18/09/2026 - 20/09/2026
18 h 00 min - 23 h 00 min


Avec La cour des miracles, les ateliers du Loveletter se réapproprient une expression bien connue mais pleine de contradictions pour mieux la renverser. Dans son roman Notre Dame de Paris, Victor Hugo l’utilise pour désigner une « cité des voleurs, hideuse verrue à la face de Paris ; égout d’où s’échappait chaque matin […] ce ruisseau de vices, de mendicité et de vagabondage. ». Il y raconte la parodie d’organisation féodale qui structure un espace sordide et mal famé autour d’un roi des voleurs et de sa cour de brigands qui rivalisent d’inventions dans les infirmités qu’ils performent pour subsister.

Pourtant, les quartiers pauvres et les populations marginalisées que l’expression désigne entre le VXème et le XVIIème siècle correspondent à une toute autre réalité. Le “miracle”, ironisé dans l’expression, réside dans la double disparition : celle des infirmitées et des marginalitées parfois singées ou exagérées, et celle des corps mêmes. Si la formule persiste dans le langage courant, désignant toutes formes d’organisation anarchique de manière péjorative, c’est que les structures qui régissent l’apparition de ce mythe sont loin d’avoir disparues. Quels corps disparaissent encore aujourd’hui ? Comment la ville en structure l’invisibilité ? Quels sont les récits qui en romancent les traits et comment les contrer ?

Ancré dans un non-lieu, sur une place sans nom en bordure du périphérique ou se tenaient encore les bidonvilles de “la zone” il y a moins d’un siècle, le festival réinvestit cette histoire et le territoire sur lequel il s’inscrit pour interroger les dynamiques sociales, politiques et culturelles qui régissent la question des marges. En implantant ses formes carnavalesques dans l’espace public à travers une série de performances, d’ateliers, de concerts et de cartes blanches dans une scénographie éphémère conçue par les artistes du Loveletter, le festival renverse le mythe et réinvestit pleinement sa part miraculeuse. Augmentés ou diminués d’artefacts, de masques, de prothèses ou de costumes, le corps y redevient le premier outil fondamental et la rue son espace d’expression, faisant de l’exubérance, du désordre ou du dérèglement, autant d’armes de résistance à la norme et au contrôle.

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