Rencontre avec Nicole Le Déroff, Lauréate Couleurs de Bretagne

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Découvrez le parcours artistique de Nicole Le Déroff, Lauréate Couleurs de Bretagne

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Je m’appelle Nicole Le Déroff, je suis née en 1949 en Touraine et habite Quimper depuis 1986.

Depuis quand pratiquez-vous votre art ?

Je pratique la recherche artistique depuis que mes parents, comprenant que je ne pourrai ni chanter correctement, ni jouer d’un instrument de musique comme mes 3 frères et sœurs, m’ont conduit régulièrement aux Beaux-Arts de Tours pendant mon adolescence.

Comme plus tard, mon métier fut d’enseigner la cuisine, la couture, la vannerie, la poterie, le tissage, le cartonnage, la reliure, le travail du bois et du fer, l’utilisation des machines outils polyvalentes, le dessin industriel, l’électronique, l’informatique, comme je savais broder, tricoter, concevoir et fabriquer des costumes de théâtre… j’ai toujours façonné des matériaux variés, sensible au travail artisanal et à sa transmission.

Les week-ends de mes vacances d’été ont été ponctués de concours de peinture sur le motif au départ dans le Sud-Ouest de la France, puis en Bretagne sous l’égide de l’association “Couleurs de Bretagne”.

Dès sa première participation en 1985, Nicole Le Déroff a été distinguée.

J’ai appris “dans la rue” en expérimentant, à regarder partout, plus haut, plus large, plus détaillé que j’en avais l’habitude, à faire des choix, à finir mon travail dans un délai imposé, à échanger avec les autres amateurs de peinture.

Quelles ont été vos motivations ?

Ma seule motivation était et restera : prendre “du plaisir”.
Nicole Le Déroff Nicole Le Déroff Nicole Le Déroff

Comment organisez-vous votre temps de création ?

La création artistique se nourrit de ce qui me fait et de ce que je fais. Toujours happée par les tâches d’une bonne fée du logis, je n’arrive pas à peindre dans le très fonctionnel atelier que je me suis installé à mon domicile, mais tous les mardis à l’ENSAB (sujet imposé par des professeurs), et le vendredi dans une maison de quartier (en autonomie). Visiter les musées, les salons, aller à des conférences, lire sur tout sujet de création (danse, musique, écriture, dessin, peinture…) me passionne; j’aime découvrir les liens, points communs entre les disciplines. En me regardant fonctionner, je pense que je suis une adepte de la “théorie du bordel ambiant” de Roland Moreno. 

Enrichir le terreau me passe plus de temps que de cultiver.

Quelle est votre technique préférée ?

Chaque outil, chaque support, chaque matière d’oeuvre utilisée me procure un plaisir différent et c’est l’éventail de tous ces apports qui m’intéresse, je cherche, je mélange souvent les ingrédients. 

Faire couler de l’encre de chine dans les ondulations d’un carton, bomber une affiche de cinéma, ressentir la sensualité de la mine grasse d’un simple crayon sur un fin mouchoir de batiste brodé marouflé sur une toile, associer des chutes de travaux personnels d’origines variées en pratiquant le collage sont des actes non hiérarchisables; ils font partie d’un cheminement à travers tous les possibles. J’aime faire petit, précis, réaliste ou pas, j’aime plus encore faire grand, flou, indéfini,  inachevé, n’importe quoi qui sorte de moi sans projet et que je découvre surprise, l’oeil à l’affût, dans l’épaisseur de la matière… je ne veux pas me spécialiser, même si c’est la condition pour atteindre plus vite une certaine performance.

Y a-t-il des sujets qui vous inspirent particulièrement ?

Mon unique sujet inspirant n’est rien d’autre que la peinture, seule nourriture du voyage, le reste n’a pas de mise. C’est la découverte de l’inconnu qui m’intéresse.

Quels sont les artistes préférés de Nicole Le Déroff ?

Valerio Adami, Per Kirkeby, Pierre Aleschinsky, Christoff Debusschère, Jean-Michel Alberola, Pierrette Bloch, Jean Rustin, Kurt Mair… pour l’ensemble de leur oeuvre.

Quels sont vos projets actuels ou à venir ?

Rendre perceptible l’attente, l’absence, le manque, sujet difficile qui demande construction, réflexion, essais préalables: exercice de travail.

Cheminer dans le chaos de la couleur pour y mettre “mon grain de sel”, des formes, de l’ordre, de l’harmonie, de la vibration, de la poésie, de l’intime, de l’inconnu qui est en moi, sans sujet préalable, en totale liberté: récréation festive.

Exposer serait vouloir montrer, espérer vendre, conforter mon ego, je n’ai pas besoin de cela.

Nicole Le DéroffJe ne veux pas être dépendante du goût des autres, mais être moi, c’est tout.

Que cet article soit une invitation pour toute personne ordinaire à s’écouter, échanger avec elle-même, en bonne compagnie, loin du brouhaha du monde.

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