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Rencontre avec l’artiste Adrien Faveau

Rencontre avec l’artiste Adrien Faveau

Du monde de l’informatique à celui de l’art, Adrien a su devenir un artiste accompli après une carrière d’ingénieur qui a priori ne le prédestinait pas à la peinture.

Néanmoins, avec un grand-père artiste peintre et une formation musicale de 15 ans au Conservatoire, abordant plusieurs instruments, un élan créatif pictural se préparait.

En effet, Adrien commence à prendre des cours de sculpture sur argile et plâtre. Il prend ensuite des cours du soir en peinture avec des enseignants de l’école des Beaux-Arts, qui l’initient à la technique la plus traditionnelle, la peinture à l’huile. Au départ, Adrien imagine des scènes vécues mais non photographiées pour les “réimmortaliser” sur une toile.

San Francisco

Il va ensuite se passionner pour les paysages urbains, qu’il va interpréter avec maestria à l’huile sur bois, apportant un regard et une interprétation très moderne avec des matières ancestrales. Son style évoque parfois l’impressionnisme, auquel il rend superbement hommage. Son inspiration vient de ses voyages, durant lesquels il a photographié une myriade de vues urbaines, qu’il met en scène et auxquelles il donne désormais une dimension picturale unique.

Avenue de l’Opéra

Qui êtes-vous ?

Je m’appelle Adrien Faveau, j’habite à Châtillon en Ile de France et je peins depuis environ 5 ans.

D’abord amateur, j’ai eu l’idée d’en faire mon métier il y a 3 ans. J’ai d’abord réfléchi à la manière de le faire, puis j’ai passé plus d’un an à prendre des cours classiques et à m’entrainer de manière intensive pour progresser. J’ai ensuite pu tenter cette reconversion, et depuis un peu plus d’un an, je fais cela temps plein.

J’ai toujours adoré les arts en général. D’abord la musique, j’ai fait 15 ans de conservatoire où j’ai appris la pratique de divers instruments, accordéon, piano, guitare.

Je me suis ensuite beaucoup intéressé à la sculpture, j’ai réalisé des bustes de personnages célèbres en argile pour finalement m’essayer à la peinture et avoir une véritable révélation.

Racontez-nous votre pratique artistique/votre art

J’aime peindre la ville car c’est l’univers qui m’entoure le plus souvent. Il ne s’agit pas d’un paysage d’élite, c’est le quotidien d’un citadin, beaucoup de gens peuvent s’y retrouver. J’évite les monuments trop célèbres au premier plan car finalement ils ne sont pas toujours représentatifs de ce que l’on voit le plus souvent dans une ville.
Je peux y faire allusion en les plaçant au second plan mais j’aime l’idée de tenter de rendre belle une vue qui pourrait paraître banale et sans grand intérêt de prime abord. Trouver la beauté là où on ne l’attend pas pour finalement se rendre compte qu’elle est partout dans ce qui nous entoure.
Je me dis peut-être aussi que je peux apporter davantage à une vue plutôt quelconque qu’à un paysage qui serait déjà magnifique à la base.

Pourquoi êtes-vous Artiste ?

J’ai travaillé plusieurs années dans le domaine de l’informatique où le fruit du travail réalisé n’est pas palpable. J’avais besoin de revenir vers quelque chose de manuel, dont le résultat est un objet physique, un tableau en l’occurrence.
Par ailleurs, le temps qui passe m’a toujours autant fasciné qu’angoissé. En représentant des scènes de la vie quotidienne, j’ai l’impression de les immortaliser. Je pense que le choix de la peinture n’est pas anodin, une peinture, en théorie, peut rester des siècles si elle est conservée. C’est peut-être une utopie car il m’est impossible de savoir ce qu’il adviendra de mes tableaux dans le futur, mais l’idée de laisser des créations qui, en théorie, peuvent largement me survivre, me plaît, d’autant plus que ces tableaux représentent des endroits que je connais et que j’aime. Je vois aussi la peinture comme un témoignage constamment renouvelé.

Times Square Night in Blue

Avez-vous une technique favorite ?

Je travaille à la peinture à l’huile. J’aime la texture de cette peinture et son côté intemporel justement. Elle est utilisée depuis des siècles et est réputée pour sa longévité.

J’utilise beaucoup d’outils différents que j’aime varier. Sur certains tableaux, je n’utilise quasiment pas de pinceaux, juste des couteaux, rouleaux, raclettes. Sur d’autres je suis plus classique, cela dépend de mes envies et du sujet. Je travaille également le plus souvent sur des panneaux de bois que je préfère à la toile car j’aime les supports lisses et rigides.

Je suis parfois très figuratif alors que je vais parfois flirter avec le semi abstrait sur d’autres tableaux.

De manière générale, je préfère interpréter et symboliser une vue plutôt que de chercher à la reproduire de manière quasi photographique. En ce sens, ma peinture s’apparente plutôt à de l’impressionnisme traité de manière assez contemporaine avec des outils pas très traditionnels en peinture, surtout en peinture à l’huile.

Si vous étiez quelqu’un d’autre, qui seriez-vous ?

Peut-être Serge Gainsbourg. J’aime beaucoup son anticonformisme et sa vision très large de l’art, à l’image de tous les styles musicaux qu’il a explorés. D’autres part, il rêvait d’être peintre et s’est finalement épanoui dans la musique. Etant plus jeune, je rêvais d’être musicien, je suis aujourd’hui heureux dans la peinture. Je ne sais pas s’il me sera possible de réussir autant dans la peinture qu’il a réussi dans la musique mais, quoi qu’il en soit, j’ai ces 2 passions en commun avec lui.

Manhattan sunset

Une œuvre que vous auriez aimé réaliser

Une des œuvres que j’admire le plus est le tableau Nighthawks d’Edward Hopper.

Le graphisme, plaisant, est assez épuré. Il n’y a pas énormément d’éléments sur le tableau mais la force qui s’en dégage est très forte.

La scène semble presque banale, c’est une image de la vie quotidienne, mais c’est justement ce qui en fait la puissance. Le spectacle de la vie, c’est vraiment ce que j’aime dans la peinture et c’est vraiment la philosophie que je défends dans mes propres réalisations. Hopper est incontestablement une vraie source d’inspiration pour moi, même si mes sujets et mon traitement graphique sont différents des siens.

Comment travaillez-vous dans votre atelier ?

Mon travail est composé de 2 grandes phases. Je travaille le plus souvent d’après photo et je commence donc par prendre des photos, à Paris près de chez moi, ou dans des villes étrangères, New York et San Francisco entre autres. Dans ces derniers cas, j’anticipe un peu plus car ce n’est évidemment pas aussi simple de s’y rendre et je ne fais que cela plusieurs jours de suite quand j’y vais.

Une fois mes photos prises, je les retravaille sur ordinateur, modifie les couleurs, change des éléments, j’utilise mes anciennes compétences en graphisme informatique pour chercher des harmonies et associations de couleurs qui me plaisent. Ce travail préalable sur ordinateur permet plein d’essais rapides et me fait gagner du temps par rapport à une expérimentation systématique à la peinture, même si elle est parfois essentielle également. Je m’inspire ensuite du visuel créé et passe à la réalisation du tableau en atelier.

J’ai besoin d’être très concentré, j’écoute souvent une musique qui ne soit pas trop intrusive et ne me déconcentre pas, du jazz, de la musique brésilienne. Une musique douce qui me permette de décrocher légèrement et qui soit propice à la rêverie.

Je diffuse mon visuel modèle sur un écran de télé que j’utilise comme une photo de référence.

Je travaille avec une lumière artificielle blanche très intense pour être certain de voir immédiatement et avec une grande précision le rendu exact des couleurs que j’utilise, quelque-soit le moment du jour ou de la nuit auquel je peins.

The Dock

Avez-vous un conseil à donner aux futurs artistes ?

Je pense qu’il est très important de confronter son travail au regard du maximum de personnes.

L’art est subjectif et on peut ne pas être d’accord avec tout le monde, mais c’est justement parce qu’il est subjectif et qu’il y a autant de ressenti différent que de spectateurs qu’il est important de connaitre ces réactions.

Les critiques sont toujours bonnes à écouter, les gens gratuitement méchants sont assez rares, même lorsque la forme n’y est pas, il y a souvent quelque chose à retirer de ce que l’on nous dit, un point de vue auquel on n’avait pas pensé et qui nous aidera pour la suite de notre processus créatif.

Par ailleurs, l’art n’est vraiment intéressant que lorsqu’il est partagé, c’est un fabuleux moyen d’échanger. Il est très difficile de se faire connaitre mais beaucoup de moyens de communications récents peuvent nous aider pour cela, il ne faut pas les négliger je pense.

Enfin, il faut être persévérant, tous les arts sont longs à apprendre et la peinture ne déroge pas à cette règle, d’autant plus qu’elle combine des techniques de dessin, de couleur, d’application de la matière…

Il arrive qu’on progresse très vite, puis plus rien, il y a des genres de paliers à passer où l’on a l’impression de stagner, voire de régresser car on peut également avoir des périodes de remise en question on l’on ne sait plus trop où on en est ni ce qu’on veut faire.

Il faut continuer sans se décourager, c’est le seul moyen d’avancer en faisant évoluer son art.

Purple sunset

Retrouvez les oeuvres de l’artiste peintre Adrien Faveau dans les galeries :

  • Carré d’Artistes l’Expo Lyon (37 rue de Brest)
  • Carré d’Artistes l’Expo Paris (60 rue Saint-André des Arts)
  • Le site web www.carredartistes.com

Suivez l’artiste peintre Adrien Faveau sur les réseaux sociaux suivants :
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www.adrienfaveau.com
Finaliste de l’émission “A Vos Pinceaux” diffusée du 27/12/16 au 7/02/17 sur France Télévisions.

Retrouvez le Géant des Beaux-Arts :

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